Ambassadeur Birgitta Holst-Alani, Directeur de l’Institut Suédois d’Alexandrie; Dr. Aly Elsamman, Président de l’ADIC; Adel Darwish, journaliste britannique; Amr Shobki, journaliste égyptien – lors de la table ronde à l’Institut Suédois d’Alexandrie

Le 13 novembre 2012, l’Union Internationale pour le Dialogue Culturel et Religieux et l’Education de la Paix (ADIC) a organisé une table ronde avec l’Institut Suédois d’Alexandrie pour explorer les perspectives de coexistence entre les peuples de différentes origines religieuses et laïques ainsi que la façon dont les medias peuvent faciliter ou aggraver les relations interreligieuses et culturelles.

Une discussion animée entre les experts étrangers, régionaux et locaux, avec la participation de 30 étudiants des Universités d’Alexandrie, du Caire et Tanta, a eu lieu dans un climat respectant les différences d’opinion. Des spécialistes venus de France, d’Angleterre, de Jordanie et de Suède ont partagé leur expérience respective dans le domaine des relations interreligieuses et les medias.

Parmi les intervenants, Ambassadeur Birgitta Holst-Alani, Directeur de l’Institut Suédois d’Alexandrie ; Dr. Aly Elsamman, Président de l’Union Internationale pour le Dialogue des Cultures et Religions et l’Education de la Paix (ADIC) ; Naomi Sakr, Professeur en sciences politiques des medias à l’Université de Westminster-GB ; Othman Al Tawalbeh, Professeur d’histoire des religions à L’université d’Uppsala-Suède ; Rosa Guerreiro de l’UNESCO ; Nader Wanis, Directeur du centre culturel Arkan de la Cathédrale Saint Marc d’Alexandrie ; les journalistes égyptiens Akfar El Kharadly, Amr Shobki, Mahmoud Bakri, et Moufid Fawzi ; et le journaliste britannique Adel Darwish.

Les jeunes, pour la plupart des étudiants des sections universitaires de sciences politiques, religion, art et communication, étaient désireux de poser des questions et d’exprimer leurs opinions. Leurs remarques serviront de base à la conception des sessions et activités futures.

Thème de la table ronde

Le concept de « laïcité » revêt différents sens selon les différentes parties du monde. En Europe et dans les pays à dominance musulmane comme l’Egypte, beaucoup de gens sont fiers d’être « laïcs ». Mais ceux qui affichent publiquement leur conviction laïque sont souvent stigmatisés par leurs adversaires comme étant antireligieux, pro-occidentaux ou même néo-colonialistes.

La polarisation des laïcs et des islamistes a pris une telle ampleur qu’elle prend le pas sur toute discussion sérieuse traitant des problèmes auxquels sont confrontés les pays arabes dans cette période de transition. Comme chaque camp se distingue de l’autre par une idéologie différente, leur habilité à travailler ensemble s’en trouve amoindrie. Les pays de cette région ont besoin de modèles culturels qui minimisent leurs divisions internes et les aident à aller de l’avant. Dans l’attente de voir apparaitre de tels modèles, il est à craindre que les solutions aux problèmes sociaux et économiques ne puissent voir le jour en temps opportun et de façon méthodique.

Les pays de cette région devraient-ils aspirer aux modèles culturels propres à ceux de l’Europe et des USA ? Devraient-ils s’inspirer de la Turquie ou d’autres pays musulmans qui ont réalisé des progrès culturels et économiques significatifs ? Y- a-t-il d’autres options ? Est-ce que l’Occident, comme certains le prétendent, vise à imposer ses valeurs culturelles dans la région ? Ou, comme d’autres le pensent, l’Occident est-il prêt à faire des compromis sur le respect de certaines libertés en vue de maintenir de bonnes relations.

Peut-on raisonnablement attendre des peuples des pays arabo-musulmans qu’ils adoptent les pratiques laïques des démocraties occidentales au détriment de voir se réaliser leurs besoins psychologiques et intellectuels auxquels ils aspirent depuis si longtemps, y compris le besoin d’affirmer leur appartenance religieuse ? La laïcité en Occident a-t-elle amenée des progrès tels qu’une société basée sur la religion n’aurait pas été à même de mener à bien ?

Débats

La discussion a porté sur la nature de la polarisation actuelle et a confirmé la gravité de la fracture actuelle entre les laïcs et les islamistes, de même qu’elle a sondé le potentiel des modèles culturels acceptables par tous. Les discussions ont soulevé de nombreuses questions, sur la façon de réduire la fracture laïcité-religion par le biais d’activités sociales et politiques, de même que par le biais des medias.

Un questionnaire a été rempli par tous les participants à la fin de la session pour fournir un outil pour le suivi à donner à cette discussion dynamique. Des actions futures viseront à rassembler des gens de diverses origines et croyances religieuses pour apprendre à se connaitre les uns les autres par le biais d’une expérience directe et à mettre en place des ateliers destinées à des gens de croyance religieuse différente afin d’apprendre à travailler ensemble pour résoudre les problèmes majeurs auxquels sont confrontés les sociétés.

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