Pourquoi j’ai dit non à la constitution

24/12/2012

J’ai lu la constitution tout d’abord en tant que citoyen et puis en tant qu’avocat. Je cherchais en particulier ce qui pourrait porter atteinte à l’indépendance de la magistrature, car si nous protégeons les droits du citoyen et punissons les criminels, la protection de notre magistrature est essentielle. Je ne prétends pas avoir absorbé tous les détails à la lecture du projet de la constitution, mais j’en ai eu une bonne idée d’ensemble.

Bien que beaucoup d’articles soient sujets à controverse, la raison principale pour laquelle j’ai voté « non » tient à l’article 233 qui stipule : « La première Haute Cour constitutionnelle, une fois cette constitution appliquée, devra comprendre, parmi ses membres, son président actuel et les 10 juges qui ont été le plus longtemps en fonction. Les autres membres retrouveront le poste qu’ils occupaient au préalable. »

Des personnes bien informées me disent que la décision de baisser de 19 à 10 le nombre des membres de la Haute Cour constitutionnelle est un calcul politique visant à éliminer plus particulièrement la juge Tahani El Gebaly, membre de l’Assemblée générale de la Haute Cour constitutionnelle, connue pour ses opinions audacieuses.

En juillet 2012, la Haute Cour constitutionnelle a rendu une décision suspendant le décret du président Mohamed Morsi visant à rétablir l’Assemblée du peuple (chambre basse du parlement) un verdict qui indiquait un point culminant de la tension qui prévalait entre l’exécutif et les Frères musulmans d’un coté, et une partie de la magistrature d’un autre coté.

Comme les manifestations et les sit-ins de protestations devant la Haute Cour constitutionnelle ne cessent pas, les juges continuent à se sentir menaces. Ce conflit sans fin indique aussi une préoccupation générale car les responsables sont clairement plus intéresses aux représailles qu’au bien public.

Traduit d’Al-Ahram

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